Energie

Énergie 2030: Perturbation du marché mondial de l'énergie !

Les besoins énergétiques mondiaux ont augmenté à un rythme relativement constant au cours du siècle dernier. L’énergie est le fondement de la civilisation. Mais plus d’énergie ne signifie pas plus de richesse. Comme l’a souligné John Maynard Keynes, plus nous avons d’énergie, moins nous produisons ; nous n’obtenons pas plus de richesse en brûlant plus de charbon.

En 2030, les besoins énergétiques mondiaux seront de 58 quadrillions d’unités thermiques britanniques (BTU). Cela représente 58 quadrillions de tonnes de charbon, de pétrole et de gaz naturel. La majeure partie de cette énergie sera consommée en Inde et en Chine. La croissance de 2 % de la consommation mondiale d’énergie n’a pas été suffisante pour suivre la croissance démographique. En 2030, la population mondiale aura augmenté de 2,6 milliards de personnes, pour atteindre 9,8 milliards.

L'initiative de l'Agence internationale de l'énergie (AIE)

Énergie 2030 est une initiative de l’Agence internationale de l’énergie (AIE)  qui aide les pays à accélérer leur transition vers un monde à faible émission de carbone, sûr et prospère. Nous reconnaissons qu’une transition énergétique mondiale est en cours, sous l’effet de la demande croissante d’énergie et des préoccupations liées au changement climatique.

En 2030, les gouvernements et l’industrie vont façonner un futur système énergétique capable de répondre de manière sûre et durable aux besoins énergétiques croissants du monde, tout en réduisant les émissions de dioxyde de carbone.

L’AIE considère l’énergie comme un catalyseur du développement durable, et soutient les efforts mondiaux visant à atteindre les objectifs de développement durable 7 (énergie pour tous), 9 (industrie, innovation et infrastructures) et 13 (action climatique).

Elle définit une vision commune pour un monde à faible émission de carbone, sûr et prospère.

D’ici à 2030, nous voulons réduire la consommation mondiale d’énergie de 30 % à 20 %,  la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique mondial et de faire en sorte que tous les marchés de l’énergie soient résilients, fiables et abordables. D’ici à 2030, l’AIE et ses partenaires visent à :

 – réduire les émissions mondiales de CO2 de 30 % par rapport aux niveaux de 2005

– réduire les émissions liées à l’énergie de 60 % par unité de PIB

– réduire le coût des solutions énergétiques propres

– assurer l’accès universel à des services énergétiques modernes

– Fournir un accès universel à des services énergétiques modernes

– Créer 100 millions de nouveaux emplois dans le secteur de l’énergie

– Assurer une mobilité sans émissions d’ici à 2030

ODD 7 : Énergie propre et abordable

Le 1er juillet 2000, les délégués du monde entier aux Nations unies se sont réunis pour signer un pacte mondial sur le développement durable. L’accord, dont la négociation a duré trois ans, contient 17 objectifs et 169 cibles spécifiques à atteindre d’ici à 2030.

Le pacte comprend deux grandes idées. La première est l’idée de développement durable, qui reconnaît que la croissance économique, le progrès technologique et l’augmentation du niveau de vie peuvent tous avoir des conséquences négatives sur l’environnement. La seconde était l’idée de responsabilité, qui faisait peser la charge du changement sur les pays riches, en insistant sur le fait qu’ils devaient prendre l’initiative d’atteindre les objectifs.

Au cours des deux dernières décennies, les pays les plus riches du monde ont promis de fournir une énergie propre et bon marché aux pays pauvres. Mais cette promesse a rarement été tenue. A la conférence de Paris sur le changement climatique, les dirigeants de ces pays s’étaient réunis à nouveau et promettent de fournir une énergie propre et bon marché à tout le monde.

Mais si les pays les plus riches du monde veulent réellement fournir une énergie propre et bon marché, ils ne doivent pas se contenter de changer leur technologie. Ils doivent changer leurs propres politiques et priorités. Par exemple, les nations les plus riches sont responsables de la moitié des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Mais elles ont promis de ne fixer que leurs propres objectifs en matière d’émissions, et cet espoir s’estompe rapidement.

La conférence de Paris est également l’occasion de définir le prochain grand programme mondial. Plus de 200 chefs d’État s’y réuniront en décembre. Leur objectif devrait être de créer un nouvel agenda ambitieux pour le développement mondial. Ce programme devrait s’articuler autour de deux idées :

  • Premièrement, le développement doit être durable.
  • Deuxièmement, les pays riches doivent s’engager à partager la responsabilité du développement mondial, en fixant des objectifs ambitieux pour l’aide étrangère et en investissant davantage dans les pays les plus pauvres.

L’accord de Paris de 2015 sur le changement climatique est un plan ambitieux visant à maintenir le réchauffement de la planète bien en dessous de 2 degrés Celsius, et idéalement en dessous de 1,5 degré. Mais il est loin d’être certain qu’il fonctionnera. Il n’est même pas certain que les pays riches respectent réellement les engagements qu’ils ont pris.

Mais même si cela se produit, le problème climatique sera loin d’être résolu. L’accord de Paris ne traite pas de la croissance démographique, qui est le principal moteur des émissions. Il part du principe que les pays en développement suivront l’exemple des pays riches et que la croissance économique se poursuivra inexorablement. Il suppose, en somme, que l’humanité est sur un tapis roulant, se dirigeant vers une catastrophe future inévitable.

Mais le monde n’est pas comme ça. Cette catastrophe est en fait évitable. C’est le message de « The World is Flat », de Thomas L. Friedman.

Friedman commence par montrer à quel point la question de l’énergie a été centrale dans la révolution industrielle. Il souligne qu’avant la révolution industrielle, les gens produisaient environ 100 calories d’énergie pour chaque pas qu’ils faisaient. En 1820, ce chiffre était tombé à 20 calories, puis à 3 en 1935 et à 1 en 2000. En d’autres termes, chaque pas que vous faites coûte 10 fois plus d’énergie que 100 ans auparavant.

La révolution industrielle a été rendue possible par une énergie bon marché – charbon, pétrole et gaz naturel à bas prix. Ces sources d’énergie sont toutefois arrivées à leur terme et le monde doit maintenant trouver de nouvelles façons de produire de l’énergie à bon marché et efficacement.

Friedman affirme que, globalement, c’est là où nous en sommes aujourd’hui.

L’Agenda 2030 promet que d’ici à 2030 :

  • Tous les « gens » auront de l’électricité.
  • Les sept milliards de personnes auront un accès abordable et fiable à des services énergétiques modernes.
  • 80 % de la population mondiale disposera de services énergétiques modernes abordables.
  • 90 % des ménages pauvres disposeront de services énergétiques modernes abordables.
  • 95 % des personnes vivant dans des zones urbaines disposeront de services énergétiques modernes abordables.